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 « Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi… » || FLASH-BACK

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(#) ♣ « Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi… » || FLASH-BACK

par la plume de Invité ϟ Posté Mar Oct 09 2012, 22:36



Yolanda Yeabow écoutait paisiblement la pluie battre contre les carreaux. Paisiblement. Elle ne s’était jamais sentie aussi bien, jamais si incroyablement bien. Juste… Juste heureuse. Il n’y avait plus de mensonges, plus de Kim, plus de secrets et de non-dits. Seulement elle, Yolanda Yeabow, et son Jonathan.
C’est la fin du cauchemar, des dix ans de marasme et d’enfer.
C’est la fin des plans secrets, des stratagèmes affreux, des secrets pour retrouver Ariane et cacher Jonathan aux yeux du monde.
Et puis plus de Kim… Plus de Kim, juste elle.

Elle. Yolanda.
Plus de joyeuses boucles blondes. Des cheveux noirs. Et longs, et raides.
Plus d’yeux verts. Des prunelles noires – qui lancent des éclairs.
Une âme noire, aussi. Et passionnée, et amoureuse.
Et sa démarche sur-assurée, et ses projets sur-ambitieux, et ses désirs avides, et aveugles.
Juste Yolanda Yeabow.

Et maintenant, maintenant qu’elle n’avait plus à faire semblant et à mentir, et surtout maintenant qu’elle avait libéré Jonathan, et qu’ils étaient quittes dans la douleur qu’ils s’étaient infligés, elle se sentait un peu renaître.
Et vivre, maintenant, vivre vraiment après toutes ces années de réclusion, d’abandon, d’abstention. Elle n’était plus une petite larve à demi-morte. Non. Elle vivait. Elle aimait sortir de nouveau, sentir le vent dans ses cheveux, voir le sourire de Jonathan ; elle croisait Ariane, et son cœur, qui n’avait pas battu si fort depuis dix ans, se réanimait violemment.

Et puis oh… Jonathan ! Jonathan ! Elle s’était habituée à une correspondance animée et régulière, des rencontres trop fréquentes ; puis il y avait eu les visites, les conversations autour d’une tasse de thé dans un des deux Manoirs, « pour parler d’Ariane ». Et un soir, leurs lèvres glissent, et ils redeviennent amants.

Amoureuse ! Amoureuse ! Que c’était grisant de se laisser aller, et d’être un peu amoureux… Et de frémir lorsqu’elle sentait le regard de John se poser sur elle, lui sourire, le voir rire, et le rendre un peu heureux… Pour l’espace de quelques heures, manquer d’honneur… Oublier l’honneur… Et le mal mutuel qu’ils s’étaient fait… C’était indigne, bien sûr… Indigne, et sot, et insultant ; mais si terriblement grisant… Elle se consolait, en voyant leur fille, chaque jour, à Poudlard… Etre mère… Elle était mère, elle avait ce bonheur !

Bien sûr, l’existence de Yolanda Yeabow n’en demeurait pas rose pour autant. Il suffirait d’un rien pour que cette illusion de bonheur, et de protection, ne s’écroule ; alors, la chute serait atroce. D’ailleurs, bientôt, Jonathan fera la connaissance de Kimberley Field, la vraie ; cette rencontre détruira Yolanda Yeabow. Pas tout de suite ; elle allait jouir d’un léger mirage de sécurité, quelques temps. Peut-être le méritait-elle un peu.

La pluie continuait de tambouriner à sa fenêtre. Yolanda se redressa dans le fauteuil moelleux de sa bibliothèque, et tourna une page de son livre, un sourire doux aux lèvres.

« Madame. Pardon d’interrompre Madame, mais Jonathan Crewe est à la porte. Dois-je le faire entrer ? », glissa l’elfe qui venait d’entrer.

Yolanda se sentit frémir.

« Merveilleux, fais le venir ».

Un sourire exquis et spontané se peignit sur les lèvres de la Mangemorte lorsqu’elle le vit entrer, et elle sentit son être entier se réchauffer à sa vision. Ses yeux, ses yeux… Il y avait tellement d’Ariane en lui, de lui en Ariane…

« Bonsoir, John… C’est merveilleux que tu ais pu venir ! »
John… Elle ne l’avait jamais appelé autrement, jamais – et elle était la seule. Une voix qui l’appelait John, c’était forcément Yolanda.

« Tiens, installe-toi. Tu veux boire quelque chose ? L’elfe est à ta disposition… »
Elle ponctua ses paroles d’un sourire, désignant un fauteuil près du sien. Elle ne demanda pas la raison de sa visite, sa présence étant déjà incroyablement satisfaisante.
« Comment est-ce que tu vas ? Ta journée s’est bien passée ? Pour ma part, j’ai des nouvelles d’Ariane… »
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(#) ♣ Re: « Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi… » || FLASH-BACK

par la plume de Invité ϟ Posté Ven Oct 12 2012, 23:24



« Il fut une période où nous nous sommes retrouvé, où nous nous sommes rendu après des années de haine et de cruauté l'un envers l'autre. Nous nous sommes aimé par la suite, ou plutôt – devrais-je dire – que nous nous sommes ré-aimanté. Nous étions bien, heureux, même si nous nous cachions des autres pour nourrir notre relation. Je l'aimais. Plus que tout même. Nous nous fréquentions comme si de rien n'était, comme si chacun des baisés déposé sur ses lèvres avaient suffit pour nous faire oublier notre rancune et nos différences. Je me souviens des nombreuses fois passé en compagnie de Yolanda Yeabow. Je me souviens de nos échanges, de nos rires et puis surtout de ce qu'il advenait de la plupart de nos rencontres. Je découvrais cette femme pour la troisième fois...la meilleure.
Je surestimais mes sentiments en ce temps-là. Je pensais sérieusement que rien ne pouvait – à présent – me dévier de Yolanda, jusqu'à ce jour où une troublante apparition m'envahit de doute...»

Jonathan attendit que l'elfe l'invite à passer le seuil de la porte du manoir. La présence du sorcier - bien qu'imprévu – n'était certainement plus une surprise pour l'hôte de ces lieux. D'ailleurs, Jonathan avait toujours cette impression d'être attendu, d'arriver au bon moment, de ne jamais déranger, même. Un sentiment qui lui était agréable, même si cela pouvait donner l'impression qu'il devenait de plus en plus prévisible. Tout comme cette façon dont Yolanda Yeabow avait l'habitude de l'interpeller ; 'John'. Elle était la seule à l'appeler de la sorte. Jonathan Crewe ne pouvait se cacher qu'un certain charme s'en dégageait. Un charme qu'aucune autre femme ne pouvait imiter ou même s'approprier. Seule Yolanda Yeabow avait l'art et la manière de prononcer ce nom avec un petit quelque chose qui plaisait tant au sorcier qui ne pu s'empêcher d’émettre un bref sourire en coin.

- Bonsoir Yolanda. Lui dit-il d'une voix suave, tandis qu'il avançait à travers la bibliothèque dans laquelle cette soirée allait débuter, au creux d'un confortable fauteuil que l'on lui avait déjà désigné. Un verre de Gin devrait faire l'affaire. Merci. Jonathan croisa le regard de Yolanda, ignorant l'elfe qui se retira un instant de la pièce.
Elle semblait heureuse de le voir ce soir. Merveilleux, avait-elle dit. Jonathan se demanda alors ce que ça présence avait de plus que les autre fois. Peut-être avait-elle une nouvelle à lui annoncer, ou bien peut-être est-ce tout simplement du plaisirs à le voir. Concernant Jonathan, il était à la fois ravi d'être ici ce soir, certes, mais il ne pouvait s'empêcher d'appréhender ce qu'il osait craindre...

«  Mes sentiments. Voilà ce que j'osais craindre durant cette soirée. Je craignais qu'ils changent brusquement envers Yolanda. Je ne voulais pas qu'ils changent. J'aimais bien trop Yolanda pour m'en désintéresser. C'est ce que je pensais. Une autre que Yolanda, impossible, nous avions mis beaucoup trop de temps à nous accorder pour que nous nous séparions à nouveau... »

Un verre de Gin lui fut servit, pendant que Yolanda lui posait quelques questions bienveillante pour en venir à parler de leur fille ; Ariane. Jonathan se passa bien de répondre aux questions concernant son état moral et sa journée, les nouvelles d'Ariane lui était bien plus précieuse. Gardant son calme et acquiesçant d'un signe de tête, Jonathan cachait l'inquiétude qu'il ressentait envers sa fille. Une fille dont il ne recevait aucune nouvelle. Il ne pouvait d'ailleurs s'empêcher de ressentir une infime pointe de jalousie sur le moment, mais pas assez pour en rendre compte. - Comment va t-elle ? Préféra Jonathan avant de boire un petite gorgée de Gin, peut-être pour faire passer l'inquiétude et le mal aise qui le hantait à chaque fois que le sujet d'Ariane était abordé au sein d'une conversation.
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(#) ♣ Re: « Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi… » || FLASH-BACK

par la plume de Invité ϟ Posté Sam Oct 13 2012, 23:29



« Il arrivait, lors de ces visites brèves, discrètes – mais ô combien délicieuses – que je me pose des questions sur les sentiments de Jonathan. Qu’est-ce qui le poussait à venir ? Une femme affreuse, une femme qui lui avait fait du mal, une Mangemort de surcroît. Je me plaisais à imaginer qu’il partageait le même secret que moi. Silencieusement, j’interprétais ses yeux pétillants et ses regards tendres comme des preuves d’amour. J’étais idiote. Naïve. Je me mentais à moi-même, parce que j’en avais assez du silence, des malheurs, des mensonges, et que je voulais être heureuse, que je voulais être dans ses bras, et ne plus me poser de questions. J’ignore aujourd’hui ce que voulait Jonathan, lorsqu’il venait, mais j’étais heureuse, incroyablement heureuse, et je crois que cela, je ne le regrette pas, aussi douloureuse ait été la chute, aussi conséquence ait été l’apparition de Kim dans nos vies. »

Il s’installa près d’elle, dans le fauteuil juste à côté, et elle ne put réprimer un frisson. Sa présence était tout ce qui lui suffisait. Elle pouvait se priver de son regard, de son rire franc, de son visage, mais elle avait besoin de sa présence – de savoir qu’il était là, près d’elle. Il demanda un verre de gin, et elle une nouvelle tasse de thé, puis leurs regards se croisèrent. Yolanda sentait tout son être s’embraser, et son intérieur, cœur et esprit, se réchauffer profondément. Ces yeux, ces beaux yeux d’azur… Ces traits si semblables à ceux d’Ariane… Et ce sourire…
Niaiseries. Parfaites niaiseries.

Peut-être se trompait-elle sur le compte de cet homme. Et s’il se servait d’elle uniquement pour essayer de récupérer Ariane à son profit ? Et subtiliser, de la même façon, des informations pour l’Ordre du Phénix ? Elle faisait confiance à Jonathan, une confiance aveugle à Jonathan, mais elle ne devait pas, ce n’était pas bien, c’était… Et si on les voyait ensemble ? Que penserait-on, seulement, si on les voyait ensemble ? Que penserait Ariane ? Jonathan lui avait détruit l’existence, subtilisé ses trésors les plus précieux, permis que sa vie s’effondre, que tous ses espoirs de jeune femme s’effondrent du jour au lendemain. Cela lui était déjà arrivé, de se sentir trahie par Jonathan.
Mais cela n’arriverait plus. Il ne fallait pas qu’elle pense au passé, maintenant. Pour une fois. Juste à maintenant, à sa présence. Oh, c’était étrange… Tantôt il lui arrivait de prendre Jonathan pour un étranger, parce que la première fois qu’ils s’étaient aimés, elle n’avait pas cette apparence-là, son apparence naturelle, tantôt elle se souvenait que c’était un homme qui avait hanté ses pensées pendant quinze ans, absent, ailleurs ; et maintenant il était là, ils étaient là, ils étaient vrais, et il n’y avait plus de mensonges derrière lesquels se cacher. Pourtant, en la présence de Jonathan, elle demeurait incroyablement à l’aise, incroyablement hardie, comme on se comporte avec un vieil ami. Et entière, aussi.

On voyait qu’il se souciait beaucoup d’Ariane. Presque autant qu’elle. L’aimait-il de la même manière, au même point qu’elle ? Ce serait difficile à imaginer, vu combien Yolanda tenait à sa fille. Mais elle savait que Jonathan également était très attaché à la petite Gryffondor – après tout, c’était lui qui l’avait élevée, façonnée, et essayé de la garder tout ce temps. En tout cas, l’éducation de leur enfant les avait considérablement rapprochés. Ils se voyaient de plus en plus souvent. Jonathan passait au Manoir Yeabow, ou bien elle s’amusait à lui rendre visite au Manoir Crewe. Elle retrouvait le goût perdu de ses lèvres, la texture de sa peau, et redessinait les traits de son visage ; leurs corps ne cessaient de se chercher, attirés l’un vers l’autre.

« Ariane paraît bien aller… », commença-t-elle avec un sourire léger et rassurant, remarquant l’air perplexe de Jonathan. Elle se permit de poser sa main sur celle de Jonathan, et de la caresser légèrement, avant de continuer. « Elle ne t’écrit pas ? Pour ma part, je la vois rarement… Mais je fais mon possible pour avoir des nouvelles d’elle. Elle semble beaucoup plus heureuse, et épanouie que les années précédentes. Seulement… seulement, John, je sens que ça ne va pas. Elle n’était pas prête à entendre la vérité. Et sa rancune envers nous est très, très tenace. Elle m’évite davantage, bien sûr. Elle m’évite, sèche tous les cours d’Histoire de la Magie. Je la vois à peine. Il faudrait… oh, je ne sais pas… Je doute qu’elle accepte de nous parler à nouveau… et… » Le froid qu’Ariane avait à leur égard la désespérait ; et Jonathan senti sans doute cette détresse. Les yeux de Yolanda s’emplirent de tristesse, et son emprise sur la main de Jonathan se raffermit sans qu’elle ne s’en rende compte. « Je l’aime tellement, John. Tellement. Et je me sens si coupable… Je suis une mère affreuse… » La sorcière marqua un pause, et esquissa de nouveau un sourire timide. « Enfin, tu n’es certainement pas venu entendre de stupides plaintes. Bien sûr, nous devons trouver une solution, chercher ce qui est mieux pour elle… Il faut faire tout notre possible… C’est notre devoir. Mais ne t’inquiète pas, John… Il n’y a pas de quoi tant s’inquiéter, je crois – sinon, tu m’aurais vu dans un état encore pire que le tien. Cette année, elle rit davantage, paraît vivre vraiment et a retrouvé un peu de son tempérament naturel.» Des nouvelles ni vraiment bonnes, ni vraiment mauvaises. Extérieurement, Ariane paraissait aller bien, mais intérieurement, elle semblait haïr ses parents toujours autant.

Yolanda sirota une gorgée de thé. « Mais je suis vraiment très heureuse de te voir ce soir, John », reprit-elle avec un sourire mutin, et sincère. « Comme à chaque fois, d’ailleurs », susurra la sorcière en continuant à caresser la main de Jonathan, avec beaucoup de douceur.
C’était étrange, d’aimer… On voulait rendre l’autre heureux, à tout prix. Voir ses yeux briller. Quitte à se mettre en péril, à offrir des confidences, et se donner sans cesse corps et âme. Elle qui toute sa vie avait voulu être indépendante et se sentir libre, la voilà enchaînée aux sourires de Jonathan.
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(#) ♣ Re: « Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi… » || FLASH-BACK

par la plume de Invité ϟ Posté Lun Oct 15 2012, 14:44



Un bref regard sur la main qui c'était déposée sur la sienne. Fallait-il considérer ceci comme un geste de réconfort ? Quoi qu'il en soit, Jonathan laissait faire, écoutant ce que Yolanda avait à dire sur leur fille. Une jeune fille qui paraissait allait bien, paraissait, seulement. Ce n'était pas suffisant pour Jonathan, sachant parfaitement que ça fille était tout aussi capable que lui pour cacher ses sentiments...

«  Cependant, il y avait bien un sentiment que Ariane ne nous cachait pas : sa haine. Elle nous détestait et faisait semblant de s'en satisfaire. Comment pouvait-elle être épanouie et heureuse ainsi ? Moi non plus, je ne pouvais pas croire que notre fille allait bien, sauf si nous ne comptions vraiment plus pour elle. Une chose que je pense de plus en plus. »

Fallait-il être surpris qu'une Crewe soit des plus rancunière ? Jonathan aurait certainement souris si la situation ne le concernait pas directement. Après tout, à quoi fallait-il s'attendre ? Les chiens ne font pas des chats. Bien que Jonathan se forçait à garder dans l'espoir que leur fille allait un jour cesser 'cette comédie', ce n'est pas pour autant qu'il n'ait jamais imaginé que cela dur encore longtemps. Même si cela était moralement douloureux, il fallait comprendre Ariane. Quel enfant n'aurait pas agit de cette manière ? Un enfant qui aurait perdu la mémoire peut-être...

«  Je me refusais d'entendre que nous avions peut-être fait une erreur en annonçant la vérité à notre fille. C'était la meilleure chose à faire. Après tout, Ariane méritait de savoir. Vivre dans le mensonge n'aurait pas été mieux. De toute façon, elle aurait finit par le savoir. Notre erreur cependant, était de l'avoir mêlée à tout ça. Ariane à le droit de nous en vouloir, nous avons été irrespectueux envers elle en nous l'arrachant mutuellement, en lui faisait croire qu'elle était orpheline de mère ou de père. J'avais sentit ce soir-là la main de Yolanda se refermer sur la mienne. Elle s'en voulait. Sur le moment, je ne lui ai rien dit, mais je n'en pensais pas moins sur notre rôle de parents ; un échec cuisant. »

La perfection. Une qualité que Jonathan à toujours voulu entretenir, même si cela était impossible. Rare sont ceux qui avait déjà entendu Jonathan Crewe dire du mal de lui-même, ne serait-ce que reconnaître ses erreurs. Il n'était pas du genre à l'auto-critique, préférant se voiler la face, mais face aux paroles de Yolanda, le sorcier ne pouvait s'empêcher de ravaler sa fierté. Elle se disait mauvaise mère, lui se pensait mauvais père. Il était plus facile de penser que de le dire à voix haute. Soutenant la main de Yolanda, Jonathan reconnaissait pertinemment leur mauvaise conduite en tant que parent. Ils avaient été indigne et devait en payer les conséquences. A force de jouer à cette 'amour vache', ils avaient finit par s'y brûler et perdre l'amour de leur fille, même si à ce jour Jonathan et Yolanda n'avait jamais été aussi proche et en bon terme. Un bien pour un mal, pour ainsi dire.

«  Faire tout notre possible. Je le croyais aussi fort que ce que pouvais le croire Yolanda. J’appréciais son réconfort, même si je n'avais pas pour habitude d'être la personne à rassurer. Elle m'avait à nouveau exprimé sa satisfaction de ma présence ce soir-là. Sa main caressant la mienne, ce n'était pas seulement un geste de réconfort. Un silence s'était installé, comme si nous ne savions pas finalement ce que nous faisions dans cette pièce, tous les deux. Nous pouvions paraître un peu ridicule. Un peu perdu parfois. Je pris une nouvelle gorgé de Gin, avant de déposer mon verre pour permettre à mon autre main de recouvrir celle de Yolanda. Nous étions bien, mais étrangement seul dans notre nouvelle situation.»

- Je crois que je donnerais n'importe quoi pour que nous puissions nous voir en dehors de nos appartements. Tu sais...comme avant. Lui dit-il, d'un ton sincère. Exprimant ce qui lui manquait le plus ; les ballades, les sorties dans de merveilleux restaurants, tout ça sans craindre quoi que ce soit. Comme avant, avait-il dit, comme aux temps où les longs et magnifiques cheveux noirs était blond. Ce temps où ils étaient du même camp, même si l'un des deux faisait juste semblant.

« J'avais plongé mon regard dans le sien. Une folle envie sur le moment de passer la soirée autre part, quitte à se moquer de ce qu'on pourrait en penser si jamais on nous apercevait, mais je n'étais pas le genre à prendre de tel risque. Je savais ce que cela pouvait nous coûter. Alors, il fallait accepter de nous aimer en cachette, de passer du bon temps loin des regards indiscrets. Nous étions un peu prisonnier en quelque sorte. Alors, pour compenser le manque de liberté, je venais d'attirer Yolanda vers moi, j'avais encore besoins de la sentir près de moi. Sa tête sur mon épaule. Je me demandais déjà... »

- Jusqu'où allons nous pouvoir supporter tout ça...
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(#) ♣ Re: « Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi… » || FLASH-BACK

par la plume de Invité ϟ Posté Lun Oct 15 2012, 22:51



Jonathan ne pensait pas la même chose qu’elle. Pour lui, il était inadmissible qu’Ariane ne connaisse pas la vérité ; pour Yolanda, en revanche, ça avait été trop tôt. Elle n’y avait pas été préparée… Et puis, il fallait l’avouer… la Mangemort avait trop honte… Trop honte de ce qui c’était passé, trop honte de ce qu’elle avait fait elle-même… Idiote, naïve, affreuse, menteuse… – voilà ce qu’elle avait été ! Evidemment, elle ne tenait pas à ce qu’Ariane le sache particulièrement. Et lui Jonathan Crewe, le bon, le juste, il s’imaginait que tout allait être réparé parce qu’ils avaient dit la vérité ? Qu’il regarde ce que la vérité avait fait de leur fille. Rien ne pouvait réparer un mensonge – pas même la vérité.

John reposa son verre, et prit la deuxième main de Yolanda dans la sienne. Elle lui sourit.
Et un silence s’installa.

Oh, comme ils avaient l’air bête, à s’aimer, jouer l’un avec l’autre, séduire en silence ! Oh, c’était ridicule, et même si personne ne les voyait… Ils mettaient tout de même leur honneur en jeu. Evidemment, Jonathan était très, très bel homme, mais il y en avait d’autres… D’autres d’un rang tout aussi élevé, qui appartenaient au même camp qu’elle ; d’autres qui n’avaient pas fait de sa vie un enfer pendant dix ans, et qui n’avaient pas détruit son futur en une soirée. Ce ne serait pas compliqué de séduire quelqu’un d’autre – non, ce serait même plus simple, plus agréable, moins dangereux. Seulement il y avait une étincelle si particulière dans le regard de John… Il y avait l’éclat des yeux d’Ariane dans son regard… Et son cœur qui battait, qui battait fort, et excessivement, qui battait la chamade lorsque ses prunelles de charbons croisaient celles de John…
Yolanda était amoureuse, excessivement amoureuse – passionnée, damnée dans sa passion. Le père de sa fille représentait tout pour elle. Ils avaient eu des rêves ensemble, et partagé des souvenirs. Ils étaient l’un à l’autre.

Doucement, l’Auror l’attira à elle, et elle ne se fit pas prier pour venir poser sa tête sur son épaule. Yolanda voulait rendre Jonathan heureux, elle voulait qu’il soit bien, qu’il se sente bien, et se rapprocher de lui apaisait profondément l’âme. Bientôt, la sorcière s’était blottie tout contre lui. C’est vrai qu’il avait raison, qu’elle voulait sortir elle aussi. Se montrer en compagnie de Jonathan Crewe, ne plus se cacher. Elle aurait eu envie que des regards se pose sur eux, qu’on la voie près de lui, dehors. Qu’ils puissent marcher ensemble, sortir ensemble, s’offrir des soirées dans des restaurants hors de prix, marcher pied nus au bord de la mer, fréquenter des réceptions. Seulement, ils étaient – elle était – trop lâche pour jamais oser se rire des conventions et du regard des autres. C’était… c’était si stupide… Une évidence contournée, du ridicule détourné.
Yolanda sourit à Jonathan, l’embrassa dans le cou, et murmura : « Je trouve déjà assez extraordinaire le fait que nous puissions nous voir… » Seulement ce ne semblait pas assez à son goût – dur à supporter, même. Elle se souvenait que Jonathan avait toujours eu une certaine tendance nostalgique, une tendance à regretter un passé qui n’était plus. Une idée lui traversa soudain l’esprit, et elle plongea son regard dans le sien. « Je regrette moi aussi ce temps-là. Sincèrement. » La Mangemort se leva alors, une étincelle malicieuse dans le regard. Une idée totalement folle venait de lui traverser l'esprit. « Tu serais prêt à n’importe quoi, John ? Vraiment ? Alors ferme les yeux. »

Lorsqu’elle avait quitté Jonathan, il y avait des années, elle avait gardé plusieurs fioles de Polynectar. Il lui suffisait d’en boire une gorgée, et Yolanda Yeabow deviendrait Kimberley pour plusieurs heures. Lentement, elle se dirigea vers le placard de la bibliothèque où elle gardait la potion. Elle sentait ses traits se tendre, se déformer ; ses cheveux changeaient, les formes de son visage et son corps se muaient en d’autres, familières également.
Elle était redevenue Kim – et c’était tellement fou, tellement affreux et tellement extraordinaire !

Yolanda revint contre Jonathan, et appuya brièvement ses lèvres contre les siennes. « Je vous laisse choisir notre destination de la soirée, mon cher Mr Crewe »
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(#) ♣ Re: « Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi… » || FLASH-BACK

par la plume de Invité ϟ Posté Jeu Oct 18 2012, 01:11



Extraordinaire. Effectivement, il était extraordinaire qu'un Auror ait une fois enlacé une Mangemort. Une démesure que cachait à nouveau Crewe et Yeabow, tous deux sur le même fauteuil, connaissant parfaitement les risques d'une telle relation. Jonathan avait exprimé un désir, un désir qu'il pensait impossible, alors que déjà une idée était en train de naître dans la tête de Yolanda. Une idée qui lui semblait peut-être bonne. Il lui avait suffit de quelques paroles pour que Jonathan ferme les yeux, même si ce dernier n'aimait pas les surprises, il tint quand même à ne pas gâcher celle que Yolanda avait en tête.

« J'étais prêt à tout. Les yeux fermés, je regrettais presque mes paroles. J'ignorais encore le projet de Yolanda pour la suite de cette soirée. J'ignorais qu'elle aurait osé. J'écoutais l'écho de ses pas. Je me souviens avoir été tenté plus d'une fois pour rouvrir les yeux. C'est vrai. Je n'aime pas les surprises, encore moins me trouver dans une situation dont je ne peux pas connaître la suite. Enfin, j'avais quelques hypothèses tout de même, mais pas celle-ci. Ses lèvres furent le premier indice, puis la voix...je crois que c'est cette voix qui m' avait empressé de rouvrir les yeux pour découvrir la surprise. Incroyable surprise, mais tellement dangereuse. Elle ne le savait pas cependant. »

Jonathan resta un moment sans décrocher un seul mot. Il observa chacun des traits de son visage. C'était bien elle. La même. Celle qui l'avait séduit des années en arrière. C'était elle et pas une autre. C'était cette femme au long cheveux blond, aux yeux vert. Même si Jonathan aimait cette image, cette apparence plutôt, il n'en avait plus envie...tout du moins, il ne souhaitait plus en avoir envie. Il aimait Yolanda. C'est à dire cette femme au cheveux sombre, assortit à la couleur des yeux. Cette femme qu'il avait détesté. Un sourire s'élargit brièvement sur les lèvres du sorcier, à prendre comme un remerciement, mais...oui, il y avait un mais...

« Si seulement Yolanda avait su, je pense qu'elle n'aurait pas prit la peine de se cacher à nouveau derrière l'image de Kimberley. Je me vois sur ce canapé et elle, appuyée contre moi, me demandant où nous pourrions passer le restant de notre soirée. Je comprenais sa démarche, mais étrangement, je ne pouvais pas l'accepter. J'étais mal à l'aise. Comme je le disais, je n'étais pas venu ici par hasard, j'étais ici car à cet instant je doutais encore de ce je désirais réellement. Je doutais de mes sentiments envers Yolanda et ça depuis que ma route avait croisé celle de ma femme. Je crois m'être rendu chez Yolanda ce soir-là pour me rappeler que je l'aimais bien assez pour ne pas l'abandonner un jour pour une blonde aux yeux verts.»

- Tu es magnifique. Jonathan ne pouvait se le cacher. Mais, je ne te veux plus comme ça. Ajouta t-il dans un soupir, le regard pénétrant celui de Yolanda. Même si il était trop tard, Jonathan ne voulait pas que cette apparence ait la moindre influence sur ses sentiments. Cependant, c'était l'unique moyen que possédait Yolanda pour sortir à ses côtés, sans mettre leur vie en périple. Bien que gêné d'avoir refusé la proposition de Yolanda, il ne pouvait s'empêcher d'en être fier. Se disant alors qu'il ressentait encore quelque chose pour Yolanda, que finalement, cette amour existait solidement. La gardant toute fois contre lui, Jonathan était songeur.

« Je pensais me prouver une chose ; que je n'aimais pas seulement Yolanda pour sa fausse apparence, mais que je l'aimais simplement pour ce qu'elle était. Sans trucage. J'avais l'impression de ne plus supporter qu'elle se cache sous les formes d'une autre. Je préférais encore renoncer à nos sorties et continuer de nous voir en privée, tant que cela permettait à Yolanda de rester elle-même. »

- Restons ici...nous y sommes pas si mal après tout, mais, je t'en pris, réapparaît. Retire ce masque...
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(#) ♣ Re: « Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi… » || FLASH-BACK

par la plume de Invité ϟ Posté Dim Oct 21 2012, 22:59



HJ : j'ai bien déliré, n'hésite pas si tu veux que je modifie.

Déception. Amère déception.
Déception qui se lisait dans ses yeux, sur son visage. Déception accrochée sur son cœur, déception ancrée au fond de ses prunelles.
« Oh, je suis désolée, John… J’ai été stupide… »
Bien sûr qu’elle avait été bête ! Tout ça… Tout ça… Il ne faisait pas bon de ressasser ce passé, pas ce passé-là… Elle était en train de redécouvrir Jonathan, et lui en train de l’apprécier petit à petit ; il ne fallait pas gâcher cela. Voir sourire Crewe, le voir sourire sincèrement, et le rendre un peu moins malheureux, c’était un bonheur précieux et auparavant inespéré. Oublier sa douleur, ses plaies profondes, sa folie et sa rancune un moment, c’était délicieux, mais totalement fou.
Seulement, envoyer voler tout ça pour quelque fantaisie, briser tous ces instants heureux, et ces sourires, parce que l’envie l’avait pris de sortir dehors, c’était parfaitement stupide. Kim devait rester où elle était ; en outre, Jonathan n’aurait jamais dû savoir qu’il lui restait du Polynectar.

« C’est… C’était stupide. Excuse-moi. Je… »
Elle n’y avait pas réfléchi ? Elle était allée trop vite ? Obnubilée par l’envie de lui faire plaisir, elle n’avait pas songé aux conséquences de la réapparition de Kim.
Lentement, elle sorti la fiole qui annulait les effets et en versa un peu dans son thé. S’éloignant un peu de Jonathan, elle but quelques gorgées, et retrouva vite son apparence. Après tout, c’était même meilleur, d’être elle-même. Et le refus soudain de Jonathan, malgré son sourire las, prouvait qu’il tenait tout de même à elle, Yolanda Yeabow, la vraie Yolanda Yeabow – pas à une autre, pas au souvenir de Kim.

Une fois ses cheveux ayant retrouvé leur teinte sombre, un sourire éblouissant se peignit sur sa figure, et elle revint tout contre John, enfouissant son visage dans son cou. « Mais tu sais… Nous pouvons… Nous ne sommes pas obligés d’aller à Londres, en plein Chemin de Traverse, au beau milieu de la foule… Si nous choisissons un endroit calme, dans le monde Moldu, il n’y a pas de risque d’être aperçu ou reconnu. Et puis, ce n’est pas comme si nous risquions une peine si terrible… Il y aura toujours moyen de se tirer d’affaire, dans le pire des cas… », susurra-t-elle, pensive. Oui, c’était bien elle qui proposait de se rendre dans le monde Moldu. Si cela pouvait lui faire plaisir, à Jonathan… Et ils risquaient bien plus leur vie en tant que Mangemort ou Auror, sur un champ de bataille. Que serait l’existence, s’ils restaient cachés, ayant peur qu’on les découvre à chaque bruissement de pas, à chaque ombre ? Oh ! ce n’était pas cela, la vie. Pendant dix ans, elle avait été une ombre. Aujourd’hui, elle voulait sentir le vent dans ses cheveux, et rire.

Il n’en fallu pas beaucoup pour le convaincre. Elle s’était emparée de son manteau, très vite ; rapidement, ils étaient dehors. Ils firent quelques pas dans l’allée qui bordait le Manoir Yeabow, puis elle lui saisit la main, et ils s’évanouirent dans les ténèbres.

***
La nuit tombait sur la place San Marco, à Venise, et un grand éclat de rire retenti. Il y avait une sincérité dans ce rire, comme s’il venait d’une petite fille – une petite fille qui perçait des ténèbres tout à coup, une petite fille heureuse qui perçait derrière un vieux masque. « Tu ne m’en veux pas, John ? Il y avait longtemps que je voulais venir ici… » Elle se sentait comme une enfant malicieuse pour qui plus rien n’était interdit, une enfant qui croyait en ses rêves et pour qui un coup de baguette suffisait, pour les réaliser.

La Mangemort regarda autour d’elle, le visage éclairé ; dans ses yeux écarquillés brillaient des étoiles. La Basilique se dressait devant eux, débordante de majesté et de grandeur ; le rythme des battements de cœur de Yolanda s’accélérait.

Elle détailla Jonathan, son beau Jonathan, et, dans un transport de joie, passa ses bras autour de son cou, et se blotti contre lui. « Si tu savais… Si tu savais, Jonathan, comme je suis heureuse d’être avec toi… Tu vois, nous sommes libres et hors de danger, ici il n’y a pas à se cacher », glissa-t-elle avant de poser ses lèvres sur les siennes.

Si seulement Yolanda Yeabow savait que ce baiser était l’un de leur dernier ; si seulement Yolanda savait la rencontre que John avait faite au Ministère ; si seulement elle savait ce qui alalit advenir par la suite, et comment Jonathan allait se laser d’elle, et l’abandonner pour son fantôme, son souvenir…
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(#) ♣ Re: « Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi… » || FLASH-BACK

par la plume de Invité ϟ Posté Mar Oct 23 2012, 19:18



« Elle était gênée. Elle s' était excusée, alors qu'elle n'en avait pas besoins. Je ne lui en voulait pas, d'ailleurs il n'y avait aucun intérêt à lui en vouloir. Je savais qu'elle pensait bien faire, après tout elle avait passé bien plus de temps à me fréquenter sous l'image de Kimberley que sous ses propres traits. Des traits dont-elle n'avait pas à avoir honte. Elle était une magnifique femme, même si au final, je me suis décidé à ne pas la garder auprès de moi, car bien que je me sentais amoureux d'elle durant cette soirée, je savais au fond de moi que ce n'était pas pour Yolanda Yeabow que mes sentiments s'étaient déclarés il y a quelques années. Cette pensée, je l'accepterais que bien plus tard... »

C'est sur cette place San Marco que se poursuivrait leur soirée. Jonathan et Yolanda ressemblaient à deux adolescents qui fuguaient pour la première fois de leur foyer. Ici, personne ne pourrait les reconnaître, ni même les juger, ils étaient un couple qui – aux yeux de quelques noctambules – aurait pu être en voyage de noce, ou bien un simple couple qui passait d'agréable vacance. Cela aurait pu. Au lieu de ça, ils étaient deux sorciers qui osaient sortir de leur cachette amoureuse. Jonathan observait les alentours, pour ensuite recentrer son regard sur celle qui était heureuse. Lui aussi était heureux, heureux de la voir ainsi, heureux de réécouter son rire qui raisonnait bien plus joliment sur cette place qu'entre quatre murs d'une pièce. Jonathan était sûr, il l'aimait cette femme et se demandait alors pourquoi cela n'était pas arrivé plus tôt...

« Pourquoi. Je savais pourquoi, mais sur cette place, en sa compagnie. Je me rendais compte d'avantage que nous avions gâché notre temps. Nous aurions pu passer des soirées, même des journées entières dans ses fabuleux endroits dispatché dans le Monde, mais au lieu de ça, nous nous contentions de nous haïr. Nous voulions rattraper le temps perdu, reconquérir l'amour de notre fille, réalimenter notre propre amour...nous voulions tout ça. Persuadé que tout irait bien si nous ne faisions aucune erreurs, comme si nous étions destinée à avoir un destin aussi droit qu'une route express. J'ai de beau souvenir de cette soirée. Je crois que ce fut la dernière fois que j'ai vu Yolanda aussi heureuse. On aurait dit une enfant, une grande enfant qui avait bravé l'interdit de ses parents en me menant jusqu'ici. Mes bras autour de son coup, respirant son parfum. Nous nous disions des mots que je crois plus réentendre d'aussitôt... »

- Nous méritons bien ça...nous pourrions faire ça bien plus souvent, le monde ne manque pas d'endroit de ce genre. Dit Jonathan en relevant délicatement le visage de Yolanda vers le siens pour déposé un baisé sur ses lèvres. Tu as eu une excellent idée de nous emmené jusque là.

L'un contre l'autre, ils traversèrent cette vaste place, éclairé par ces lignes de lumière qui scintillaient le long des bâtiments. L'un à l'autre, ils se montraient en pointant du doigt, ce qui leur plaisait. Que ce soit les dorure de la basilique ou les gravures. Ils semblaient – tous les deux – redécouvrir les joies d'une soirée en extérieur. Deux sorciers qui trouvaient du bon dans cet univers moldus. Progressivement, Jonathan et Yolanda se retrouvèrent au bout de la place, traversant entre les deux colonnes de granit pour arriver jusqu'au quai qui marquait le début d'une vaste étendue d'eau dans laquelle se reflétaient les étoiles particulièrement scintillantes par l'absence de lumière à cet endroit. Jonathan approcha du bord, passant ses mains autour de la taille de Yolanda et admirant l'horizon.

- Et si nous songions un jour à quitter l'Angleterre ? «  Je lui avais dit. Je trouvais cette idée assez bonne, tout du moins pour que nous puissions refaire notre vie. Cependant, j'ignorais encore si Yolanda était prête pour vivre avec moi, sous le même toit et j'ignore encore ce que cela aurait pu donner. Est-ce nous nous serions supporter de la même façon que pendant de l'une de ses soirées ? En fait, je ne préfère pas savoir. »
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(#) ♣ Re: « Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi… » || FLASH-BACK

par la plume de Invité ϟ Posté Mar Oct 23 2012, 23:28



Yolanda frémit au contact des lèvres de Jonathan sur les siennes. Blottie contre lui, elle se sentait si légère, comme libre de ses choix, libérée du fardeau de ses responsabilités, libérée du poids de son passé, et de ses erreurs. Blottie contre lui. Abandonnée à lui. Il avait l’air heureux, Jonathan… Vraiment… Sincèrement… « Une excellente idée », disait-il… Elle lui répondit d’un sourire éblouissant, et véritable. « Oui bien sûr… Viens tous les soirs, et je suis prête à t’emmener visiter la ville que tu veux… »

Elle réprima un soupir de ravissement en sentant le vent d’octobre ébouriffer ses cheveux détachés, et la froideur de l’air lui manger le visage. Autour d’elle, la beauté. La beauté à l’état pur, la beauté à l’état brut, qui lui saisissait le cœur et laissait ses marques sur sa figure. Une beauté impalpable, presque abstraite dans son omniprésence, et pourtant bien là. L’un contre l’autre, ils traversèrent la place, souriants, radieux. Il lui faudrait revenir ici seule, ou alors plus longtemps, parce qu’une soirée ne suffirait jamais pour saisir les moindre des charmes de la ville. De plus, en tant qu’Historienne de la Magie, elle se devait de passer plus de temps ici, d’examiner l’endroit plus attentivement, de tirer intellectuellement profit de chacune des richesses et de chacune des beautés de la ville flottante.
Comme disait Jonathan, de nombreuses possibilités s’offraient à eux, maintenant qu’ils avaient fait le premier pas. Paris, Vienne, Athènes et New-York leur tendait les bras… Ils vivraient, ils vivraient ! Ils sortiraient, respiraient un air vrai, un air pur, sans se retourner à chaque fois pour voir s’ils étaient suivis.

Lorsqu’ils eurent traversé la place, ils arrivèrent jusqu’au quai qui marquait une vaste étendue d’eau. L’éclairage étant faible, les étoiles s’y reflétaient. Les couleurs des bâtiments, aussi. L’architecture y était magistrale. Doucement, John passa son bras autour de sa taille, et elle se laissa faire, joyeuse.

« Quitter l’Angleterre ? », répéta-t-elle, pensive en continuant de marcher à ses côtés. « Ce serait… Oh, ce serait… », bafouilla la Mangemort sans arriver à rendre ses idées plus nettes. Il lui proposait bien de quitter l’Angleterre et de venir vivre à l’étranger ? Avec lui ? Enfin, c’est-à-dire… Tous les deux ? « Et… et Ariane ? » C’était la première chose qui lui était venue à l’esprit. « J’adorerais… J’adorerais partir, partir avec toi. Ce serait tellement facile, Jonathan » Elle lui caressa doucement le visage. Se réveiller, chaque matin, à ses côtés. S’endormir, chaque soir, blottie contre lui. Vivre d’amour et d’eau fraîche. « Nous pourrions y arriver », imaginera-t-elle. « Planifier une fuite, et partir un beau matin, sans rien dire à personne. Je ne pourrais plus enseigner, et tu auras du mal à exercer ton métier d’Auror ailleurs, mais nous arriverions parfaitement à vivre sans… Ariane… Ariane a grandi, elle passe le plus clair de son temps à Poudlard, et n’a pas besoin de nous. Nous pourrions partir, oui… J’adorerais pouvoir le faire. » C’était trop beau, trop facile. « Seulement, est-ce que tu en as vraiment envie, Jonathan ? Pour ma part j’ai du mal à oublier certains épisodes passés. Je ne m’en sens pas encore prête. Mais si tu crois que c’est le mieux à faire, si tu sens que tu es prêt à tout abandonner ici, alors je te suivrais. »

La Mangemort, tout en marchant, avait glissé sa main fraiche dans celle, rassurante, de son amant. Ils continuèrent à se promener un temps, admirant les splendeurs de la ville à voix haute, s’admirant l’un l’autre à voix basse. Au bout d’un certain temps, ils s’arrêtèrent à un café plutôt luxueux, et encore ouvert ; Yolanda proposa à son compagnon de prendre quelque chose. Une fois installés, elle engagea de nouveau la conversation. « C’est magnifique, n’est-ce pas ? Il y a énormément de choses à voir… Il faudrait pouvoir passer la journée de demain ici, pour en apercevoir à peine le quart. Oh, j’aurais aimé qu’Ariane soit là… Ce serait dommage de ne pas pouvoir la prendre avec nous, si nous partons… » Ils étaient comme deux enfants qui faisaient des projets, des projets puérils, tout en sachant bien qu’ils ne se réaliseraient jamais. Elle reprit. « Est-ce que tu la faisais beaucoup sortir, lorsqu’elle était enfant ? Est-ce qu’elle était heureuse ? », demanda-t-elle, curieuse.

« Et sinon, ta journée au Ministère s’est bien passée ? »
La main de Yolanda, sur la table, s’était à nouveau posée sur celle de John, et la caressait doucement.
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(#) ♣ Re: « Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi… » || FLASH-BACK

par la plume de Invité ϟ Posté Sam Oct 27 2012, 00:45



« Le projet ne me paraissait pas une mauvaise idée. A moi aussi il me paraissait réalisable, je crois d'ailleurs que c'est pour cette raison que je lui en avais parlé. A part Ariane, je me disais que rien d'autre ne pouvait me retenir en Angleterre. Je voulais du nouveau, tourner une autre page, même si moi et Yolanda semblions l'avoir déjà fait. Il est vrai que nous commencions tout juste à mettre nos chemins en commun, mais cela ne me suffisait pas. Je voulais bien plus que la renaissance de notre amour, mettre les compteurs à zéro...à tous les niveaux. »

Jonathan écouta la réponse de Yolanda, le sourire aux lèvres, comme amusé par ce qui parvenait à ses oreilles. Elle voyait cela comme une fuite, une fuite vers une nouvelle liberté, une nouvelle vie, leur nouvelle vie de liberté. Venir ici même, en Italie ou bien ailleurs, acheter ou faire construire un foyer et y vivre le plus longtemps possible, loin de tous les conflits qui perdurent dans le monde sorcier. Une envie bien utopiste de la part de Jonathan Crewe qui vint à la réflexion lorsqu'on lui demanda si il souhaitait vraiment 'fuir'.
Fuir. Jonathan n'aimait pas ce terme. Un terme qu'il dédiait aux lâches. Jonathan n'était pas un lâche. Partir d'Angleterre viendrait à abandonner quelques personnes, quelques fonctions. Son contrat d'Auror pour commencer puis l'Ordre par la suite. Ce n'était pas rien. Sans oublier Ariane, elle aussi, peut-être devrait-il partir sans elle, comme le disait si bien Yolanda ; Ariane n'avait plus besoins d'eux. Jonathan n'avait pas vraiment réfléchit à tout ça avant que Yolanda le lui demande. Cependant, il en sentait tout de même l'envi, mais la fierté de Jonathan faisait en sorte qu'il refuse d'abandonner ce qui lui restait en Angleterre.

- Oui. J'en ai envi...mais prenons notre temps. Prenons le temps de nous préparer à ce jour. Il n'en sera que meilleur.

«  Ma proposition avait peut-être été un peu trop précipitée ce soir-là. Il était pourtant évident que nous devions prendre notre temps. Que tous deux, nous soyons prêt. Yolanda disait ne pas l'être et je dois bien avouer que ce soir-là...je ne l'étais pas non plus. Je ne voulais pas quitter l'Ordre et encore moins Ariane, même si nous étions des plus éloignés. D'ailleurs, entendre qu'elle n'aurait plus besoins de nous m'était resté à travers la gorge...comment pouvait-elle déjà ne plus avoir besoin de nous. N'était-ce pas trop tôt pour ne plus avoir besoin de ses parents ? Avec le recule, je crois que Yolanda avait raison. Donc, nous devions prendre notre temps...une décision à la fois sage et risqué lorsque l'on connaît la suite de notre histoire. »

Quelques fascinations, admirations et mètre plus loins. Jonathan faisait face à Yolanda, autour d'une table d'un café que la Mangemort avait choisie. Elle engagea une nouvelle discussion, une discussion qui les changeait des conversations habituelles. Il était vrai que l'endroit où tous deux se tenaient était merveilleux. Jonathan ne pouvait démentir ce fait. Cela les changeait de leur salon respectif où ils organisaient leur petit rendez-vous secret. Passer plus de temps ici ? Cela aurait été tout aussi merveilleux, mais malheureusement, certaines obligations forçaient Yolanda et Jonathan à retourner chez-eux une fois la conclusion de cette soirée passée.

- Organisons-nous un week-end... Proposa Jonathan qui voyait au regard de Yolanda, que cette dernière adorerait découvrir chaque recoins de cette ville. Cependant, Jonathan craignait la réaction d'Ariane si jamais lui ou Yolanda venait à lui proposer une invitation à une petite excursions. Cela pourrait être l'occasion de recoller les morceaux, après tout, qui ne tente rien...n'a rien. Tu peux toujours lui proposer de venir avec nous...dans le pire des cas, elle refusera. Dit-il, ne croyant pas vraiment en l'accord de leur fille.
«  Peut-être que Ariane aurait acceptée...dans nos rêves. En tout cas, Yolanda voulait que je lui raconte un peu de la 'Petite Ariane' qu'elle n'avait pas connue. J'ai des tas de souvenirs concernant Ariane, mais pas un seul où nous avions vraiment prit du temps pour nous deux. Je crois même que je craignais qu'elle se montre à l'extérieur, je craignais que quelqu'un me l'enlève. Bien évidemment, je ne pouvais pas empêcher un enfant d'aller s'amuser dehors, d'ailleurs je n'étais pas le genre de père qui oserait enfermer sa fille à double tour juste par peur de la perdre. Alors, non, Ariane n'a jamais eu l'occasion de voyager. Elle connaissait les parcs, la cour du Manoir, le Chemin de Traverse...ce n'était pas facile. J'hésitais un instant à répondre à Yolanda, par peur qu'elle me reproche de ne jamais avoir prit du temps pour montrer à Ariane autre chose que les paysages les plus banals. »

- En tout cas, elle aimait particulièrement sortir les jours de pluies...à cause des flaques d'eau je crois. Sinon, à ce jour, je ne saurais te dire si elle était heureuse. Elle souriait, riait...mais bon. Elle a toujours eu ce don pour cacher ses véritables sentiments.

Une torture pour Jonathan qui sur le moment se rendait compte que peut-être, il pensait bien ' peut-être', Ariane n'avait jamais été heureuse. Jonathan aurait volontiers changé le passé, mais pour en faire quoi ? Aurait-il décidé de laissé Ariane à sa mère ? Ou bien aurait-il fait en sorte de pardonner Yolanda quelques années plus tôt afin que Ariane ait une vraie famille...un serveur vint couper net au silence qui venait de s'installer. Jonathan commanda un café, voulant vérifier si les cafés d'ici était aussi unique que certains le disaient. Lorsque Yolanda se décida à son tour et que le serveur les laissa à nouveau en tête à tête, elle s'aventura sur un autre sujet.
Jonathan vit sa main se crisper soudainement et se força à la détendre avant que Yolanda s'aperçoive de sa réaction. Comment s'était passé sa journée au Ministère ? Et bien...

- Rien de particulier. Je voudrais même y passer moins de temps si c'était possible. J'ai de plus en plus de mal à encadrer certaines personnalités là-bas. Dit-il avant de marquer une pause. Je voudrais te poser une question. Reprit-il, un air quelque peu embarrassé. Je sais que ce n'est pas vraiment le moment pour te demander ça...mais, pourquoi avoir choisis l'image de Kimberley Fields à l'époque ?
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(#) ♣ Re: « Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi… » || FLASH-BACK

par la plume de Invité ϟ Posté Jeu Nov 08 2012, 00:22



« Oh… Non, non, Jonathan… Il ne faut pas… Je préfèrerais vraiment qu’Ariane ne sache pas que nous nous voyons. Personne ne doit savoir… Et puis elle le prendrait très mal… », répondit Yolanda, lorsque Jonathan lui proposa de prendre Ariane avec eux, un jour. Bien sûr, elle aurait adoré profiter davantage de la compagnie de sa fille, mais elle savait que c’était impossible ; il ne fallait plus déranger Ariane. La Mangemort le voyait bien aux mines sombres de la petite fille ; elle le voyait bien dans ses absences répétées en Histoire de la Magie, et ses regards froids. Il fallait laisser cette enfant tranquille. Pour de bon. « Mais je ne suis pas contre l’idée d’un week-end. Pas contre du tout… », sourit-elle. « Hm, retrouvons-nous vendredi soir, ça t’irait ? Nous pourrions revenir ici ou… Je ne sais pas… Ailleurs… », conclu-t-elle d’un air sibyllin, toujours souriante.

Yolanda sentit quelque chose d’amer se déverser en elle lorsque Jonathan se mit à parler d’Ariane, et pendant qu’il lui racontait l’enfance de leur fille, sa main se crispa dans la sienne. Jonathan avait profité de leur fille, lui, pendant toutes ces années, tandis qu’elle avait vécu dix ans d’horreur, de douleur, de larmes. Et puis il avait connu l’enfance d’Ariane, il avait eu le temps de se faire aimer d’elle, et de la façonner…
Quelque chose en elle hurlait, lorsqu’il parlait. Quelque chose en elle brûlait de se lever, de lui faire mal. Un instinct insatisfait de mère grondait ; une passion sourde et dévastatrice montait en elle.

« Au moins une chose qu’elle tient de sa mère », répondit évasivement Yolanda, lorsqu’elle entendit Jonathan dire qu’Ariane savait très bien cacher ce qu’il pensait.

Désireuse de changer de sujet, elle orienta la conversation vers quelque chose de plus banal ; cette fois, ce fut la main de John qui se crispa dans la sienne. Il ne paraissait pas très heureux, au Ministère. « Pourtant, je croyais que tu aimais ton travail… », laissa-elle échapper, surprise de constater le contraire.

Elle lui sourit, et but une gorgée de café.
Mais quand l’Auror prononça le nom de Kimberley Field, Yolanda se raidit toute entière, et dégagea sa main de celle de John.

« Jonathan… ! Je… je n’ai rien choisi ! C’était ma première mission en tant que Mangemort, tu sais ! Tu crois qu’on me demandait de choisir ? On m’a donné cette mèche de cheveux, ce nom, et on m’a ordonné de venir vous infiltrer. Moi, j’avais attendu ça tellement longtemps, John… Je ne voulais pas décevoir… Et finalement, j’ai tout raté, n’est-ce pas ? Et je ne regrette rien.» Sa mine était devenue sombre. « Je ne sais rien de Kimberley, de la vraie femme. Je ne sais même pas si elle existe, si elle est vivante, si elle porte ce nom. Et je crois que je préfèrerais ne pas le savoir, pas toi ? » La Mangemort, froide, lui lança un long regard pénétrant.

Elle termina silencieusement son café.
« C’était un plaisir de te voir ce soir, mais il se fait tard. J’apprécie énormément ta compagnie, n’hésite pas à repasser. » , d’une voix machinale. Il n’avait pas à parler de Kim. Elle ne supporterait pas qu’il parle de Kim ! Bien sûr, elle avait repris cette apparence, quelques heures auparavant, mais c’était fini, maintenant ! Il n’y avait pas à en reparler ! Terminé. Yolanda Yeabow était là, vivante, entière, amoureuse, devant lui, et il repensait encore à l’autre, au visage de l’autre, au corps de l’autre ? Non. Non.

Elle se leva vivement, puis se radoucit brusquement. « Me raccompagnerez-vous, mon cher Mr Crewe ? », l’invita-elle malicieusement.
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(#) ♣ Re: « Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi… » || FLASH-BACK

par la plume de Invité ϟ Posté Dim Nov 11 2012, 16:30



' Vendredi soir m'avait-elle proposé. J'avais accepté, faisant confiance à Yolanda concernant notre fille, finalement, la convier à nous rejoindre ne semblait pas une idée si formidable. Dommage. Une autre fois peut-être, en attendant, je devais à nouveau rejoindre Yolanda pour une autre virée à deux, dans l'espoir qu'elle soit tout aussi agréable que celle de ce soir-là...bien évidemment, j'ignorais encore ce que mon proche avenir me réservait. En clair ? Et bien, ce week-end tant attendu ne pu avoir lieu. '

Parler d'Ariane entre eux n'était pas sans produire le moindre mal chez l'un ou chez l'autre. Pourtant, ils ne cessaient d'en aborder le sujet, sans le vouloir parfois. L'un demandait des souvenirs de la jeune fille à l'autre et l'autre demandait des nouvelles à l'un. Une sorte de cercle vicieux dont-ils semblaient ne pouvoir se défaire. Yolanda était celle qui souhaitait connaître les souvenirs de sa fille, ce que Jonathan lui racontait, sachant parfaitement qu'il deviendrait détestable aux yeux de la mère. Une jalousie maternelle devant laquelle il ne pouvait pas resté incompréhensible, mais comprendre ne suffirait pas à rectifier l'absence passé de Yolanda dans la vie d'Ariane. En quelque sorte, il avait fait ce choix, pensant à cette époque qu'il n'aurait aucun regret.

- Rassure-toi...elle possède bien plus de chose te concernant que ce que tu oses croire. Lui dit-il, comme pour mettre un peu de baume à cette conversation. Une conversation qui vint prendre une toute nouvelle direction. Une direction qui n'était pas sans embûche, cependant Jonathan les évita au mieux, laissant parfois quelques réactions le trahir. Oui, j'aime mon travail...ce n'est pas la problème. C'est juste que je commence à trouver le temps long. Avoua t-il. Jonathan s'ennuyait dans ses fonctions et ce depuis quelques mois après être réapparu. Quelque chose d'étrange lui dévorait l'entrain qu'il ressentait autrefois, mais il ne semblait pas désireux d'en parler d'avantage.

« Au final. Notre conversation vint à nouveau tirer sur le passé, à revenir sur les sujets que nous disions ne pas vouloir aborder et celui-ci était particulier car nous ne l'avions encore jamais invoqué entre nous : Kimberley Field. Ma question n'était pas des plus délicate, mais j'avais besoin de savoir. Yolanda ne connaissait pas Kimberley lorsqu'elle fut forcée de prendre son apparence. Oui, forcée. Contrairement à ce que j'avais pensé, Yolanda n'avait pas eu le choix, on lui avait imposée. Je percevais son amertume lorsqu'elle parlait et j'hésitais un instant à lui avouer ma troublante rencontre au Ministère, mais qu'est-ce cela aurait pu changer ? Yolanda n'aurait pas appréciée, d'ailleurs, elle le disait...elle préférait ne pas savoir. »

Jonathan non plus aurait préféré ne pas savoir. Le sorcier occupa ses lèvres avec les rebords de la tasse à café, comme pour éviter de répondre clairement à l'interrogation brève de Yolanda Yeabow. Malheureusement, Kimberley Field existait belle et bien. Elle vivait, respirait et travaillait au Ministère. Pour un peu, elle aurait pu être une collègue de Jonathan si le destin avait été d'avantage vicieux. Terminant son café, Yolanda sonna la fin de ce voyage. Jonathan se leva à son tour, laissant tomber quelques pièces sur la table. Quelques pièces qui une fois sur la table prirent l'apparence de la monnaie locale. Un stratagème bien efficace lorsque l'on souhaitait payer sans prendre la peine de changer un gallion en une tout autre monnaie.

- Vous raccompagnez ? Pourquoi pas. Lui dit-il en lui tendant une main afin de l'emmener dans un recoin loin des regards indiscrets afin de transplaner jusqu'au manoir. Les deux silhouettes s'extirpèrent de l'obscurité et vinrent s'afficher sous les lumières, devant la porte d'entrée. Jonathan regarda tendrement Yolanda dont la froideur avait disparus depuis la fin de leur dernière conversation. Bien...il ne me reste plus qu'à te souhaiter une agréable nuit. Lui dit-il sans pour autant bouger de sa position. Il finit alors par déposer un dernier baisé sur les lèvres de cette femme qu'il prétendait aimer, puis il se retira, encore persuadé de son attache envers Yolanda.
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(#) ♣ Re: « Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi… » || FLASH-BACK

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